De guirlandes en colliers.

 

Une plage. Bien sage. Isolée.

Dans les grands arbres qui la protègent, des guirlandes, blanches et noires balancent aux branches, dans un rythme lent, inattendu. Hérons et cormorans se tiennent ainsi en grappes, vigies immobiles au-dessus du lac. Soudain, sans que rien ne m’y prépare, un tintamarre de cris rauques agite l’espace, et dans le ciel, à grands traits de becs et plumes, hérons et cormorans dessinent leur histoire illisible.

Plus loin, le village des pêcheurs aux cabanes colorées ou sombres selon qu’il fasse soleil ou pluie, se regarde dans l’eau. Derrière, dos au lac, le rocher de granit noir, imposant, frais accueille ma rêverie.

Suspendus aux grands arbres du jardin, les colliers de perles cristallines de l’artiste contemporain, Jean-Michel Othoniel, me fascinent.

Perles de verre soufflé, couleurs fortes, froides, bleu outremer, noir profond, gris orage, lichen. Et toujours cette brillance intense, comme un marbre poli par le travail répété du sculpteur. Des perles comme des miroirs qui jettent des éclairs, se parlent, se répondent, rayonnant au soleil et à l’eau. Et le bruit du vent qui les entrechoque délicatement invente une mélodie à la douceur infinie.

Parfois, c’est en onyx au noir parfait que l’artiste élabore l’arbre à perles. Et ce sont des reflets vibrants qui me surprennent et m’hypnotisent.